21 - 22 mai 2026
Conversations sous l'arbre
Racines : ce qui tient, ce qui lie, ce qui pousse
Publié le 27/04/2026
La racine est avant tout pensée comme ce qui se dérobe. Elle échappe au regard autant qu’elle résiste à la définition. Organe végétal, bien sûr, par lequel la plante s’ancre, capte et échange ; mais aussi principe explicatif, métaphore, parfois injonction. On parle de racines pour dire l’origine, l’appartenance, la continuité, comme si ce qui nous constitue devait nécessairement s’enfoncer quelque part pour tenir. Or, cette évidence vacille dès que nous nous y attardons. Car la racine ne désigne pas seulement un point de départ, mais un ensemble de processus. Considérer les racines aujourd’hui, c’est accepter de déplacer nos catégories, de renoncer à des oppositions entre origine et devenir, ancrage et mobilité, individu et milieu. C’est reconnaître que ce qui nous constitue ne s’enracine pas dans une profondeur immuable, mais se tisse dans un ensemble de relations en transformation constante.
INVITÉS
- Charles Stépanoff, anthropologue, directeur d'études à l’École des hautes études en sciences sociales et membre du Laboratoire d’anthropologie sociale
- Jacques Tassin, écologue, directeur de recherche au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad)
- Olivier Remaud, philosophe et directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales
- Pascal Convert, plasticien, écrivain et réalisateur




