10. Fantasia
Le premier souvenir de cinéma remonte souvent à l’enfance. Que se passe-t-il lorsqu’un grand-père, passionné de cinéma, ramène un soir une VHS intitulée Fantasia ? Avec stupéfaction, tremblement, émerveillement, joie et rire, des enfants découvrent ce chef d’œuvre cinématographique de 1940. Ce jour-là, et pour toujours, Fantasia grave en eux des instants uniques, rares, sensoriels, plastiques, musicaux.
Le jardin s’inspire de la séquence de Fantasia adaptée du Casse-Noisette de Piotr Ilitch Tchaïkovski. Dans un univers végétal et féérique, peuplé de couleurs, de fleurs qui dansent, de gouttes d’eau qui scintillent, chaque élément semble sortir d’un rêve ou d’un souvenir lointain.
Chacun avance selon son propre rythme, selon ce que les différents espaces réveillent en lui. Certaines fleurs semblent le “regarder”. Apercevra-t-il des fées sautillant sur les nymphéas, tapies au cœur d’une anémone ou d’une hellébore ?
De petites cabanes vivantes jalonnent le parcours. Elles évoquent les cachettes de l’enfance, ces abris secrets où s’inventent des mondes. Refuges sensoriels, elles deviennent des capsules de mémoire. À l’intérieur, une musique se fait entendre, subtile... Il s’agit d’une composition sensible inspirée de la partition originelle à l’un des enfants spectateurs, devenu adulte et musicien. Les mélodies, familières sans l’être, raniment quelque chose de flou, de fragile : une émotion enfouie, une image oubliée, une sensation. Ce travail sonore agit comme un catalyseur de mémoire, sans imposer, sans raconter, il ouvre des portes intérieures.
Ce jardin rend hommage à la poésie visuelle du cinéma de Fantasia et invite chacun à retrouver la trace de ses premières émotions artistiques, de son lien sensible à la nature et des instants suspendus de l’enfance.
CONCEPTEURS

Chloé et Maxime Wizla sont frère et sœur. Chloé Wizla est paysagiste et artiste plasticienne. Elle développe une approche transversale à la croisée des arts visuels, de la participation citoyenne et du paysage. Diplômée de l’École supérieure des beaux-arts et de l’Université de Lille, elle cofonde en 2015 un collectif pluridisciplinaire au sein duquel elle mène pendant près de dix ans de nombreux projets artistiques et architecturaux à dimension sociale. Souvent à travers des ateliers participatifs, elle invite les habitants à porter un autre regard sur leur environnement et à s’approprier les territoires qu’ils habitent. En 2022, un temps de questionnement et d’expérimentation accompagne une évolution dans sa pratique. À travers différentes formations, dont le design en permaculture, le paysage s’impose progressivement comme un nouveau champ de création et de recherche. Son parcours s’enrichit d’un BTSA Aménagements paysagers obtenu à l’École supérieure des agricultures d’Angers en 2025. Elle conçoit aujourd’hui des jardins et des espaces paysagers avec une attention particulière portée au sensible, au vivant et à l’humain. Curieuse de collaborations pluridisciplinaires et de projets où le paysage devient matière d’expression et de rencontre, elle cherche à tisser des liens entre pratiques artistiques et aménagement du paysage, afin d’imaginer des lieux qui racontent une histoire, suscitent l’émotion et invitent à la contemplation.
Maxime Wizla est artiste compositeur et technicien du son, originaire de Lille. Passionné depuis son plus jeune âge par l’expérience musicale sous toutes ses formes, et avant tout captivé par les rythmes et les percussions explorés au cours d’un parcours académique, c’est sa rencontre avec la musique assistée par ordinateur (MAO) qui lui ouvre les portes infinies de la création musicale. Il considère aujourd’hui la composition comme un langage à part entière, capable de traduire des émotions. Il développe un univers unique et puissant où le sonore et le visuel se rencontrent, puisant son inspiration aussi bien dans le cinéma, le multimédia et les jeux vidéo que dans la rigueur de la musique classique, les textures de la scène électronique expérimentale et les sonorités industrielles ou naturelles du paysage sonore quotidien. En parallèle d’une recherche artistique constante, il consolide cette approche par un diplôme de technicien du son, obtenu en 2014, mettant la maîtrise technique au service d’une expression artistique sans limite. Son œuvre se construit comme une narration sonore : à travers un éclectisme assumé, il invite l’auditeur à une expérience immersive, cherchant autant à raconter une histoire qu’à éveiller l’imaginaire.