17. Silly Symphony
Jardin de Sabine Azéma
CONCEPTRICE

© Laura Stevens / modds
Sabine Azéma grandit entre la Tour Eiffel et la campagne, ses grands-parents habitant en Sologne. Entrée au Conservatoire national supérieur d’art dramatique dans la classe d’Antoine Vitez, elle en sort diplômée en 1973. Elle suit également l’enseignement du célèbre Cours Florent. Claude Sainval, directeur de la Comédie des Champs-Élysées, lui offre son premier grand rôle dans La Valse des toréadors (1974), où elle interprète la fille du personnage joué par Louis de Funès, devant Jean Anouilh, l’auteur de la pièce. Elle fait ses débuts à la télévision en 1975, puis au cinéma en 1976 dans une comédie de Georges Lautner, On aura tout vu, aux côtés de Pierre Richard et Jean-Pierre Marielle.
En 1981, elle rencontre le réalisateur Alain Resnais dont elle devient l’une des muses et actrices fétiches, jouant dans presque tous ses films jusqu’à sa mort en 2014. Ils se marient en 1998. Leur première collaboration lui vaut en 1984 d’être nominée pour le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour La vie est un roman (avec Pierre Arditi et Vittorio Gassman).
L’année suivante, elle reçoit cette fois son premier César de la meilleure actrice pour le film de Bertrand Tavernier, Un dimanche à la campagne. Cette même distinction lui sera à nouveau attribuée en 1986 pour Mélo d’Alain Resnais. Elle est encore nominée dans cette catégorie en 1989 pour Trois places pour le 26 de Jacques Demy, en 1993 pour Smoking / No Smoking d’Alain Resnais et en 1998 pour la comédie musicale On connaît la chanson d’Alain Resnais.
Son talent comique est également à l’honneur dans les films d’Etienne Chatiliez Le bonheur est dans le pré en 1995 (aux côtés d’Eddy Mitchell) et Tanguy (avec André Dussollier) en 2001 ou des frères Darrieu comme Le Voyage aux Pyrénées en 2008 (avec Jean-Pierre Darroussin et Philippe Katerine).
Amie du photographe Robert Doisneau (1912-1994), elle lui consacre un film-hommage qu’elle réalise en 1992, Bonjour Monsieur Doisneau ou Le photographe arrosé. Découpé en cinq chapitres aux titres fantaisistes, le documentaire évoque sa vie, son œuvre et des sujets comme la lumière de Paris, les piliers de bar et la beauté des femmes. À l’image de leur complicité, il renouvelle avec gaieté le genre du portrait d’artiste. Son titre-même est un clin d’œil aux origines du cinéma, L’Arroseur arrosé réalisé par Louis Lumière en 1895 — initialement intitulé Le Jardinier et le petit espiègle puis Arroseur et Arrosé — étant considéré comme le tout premier film de fiction de l’histoire du cinéma. C’est aussi le premier film comique.
Dans un article du Monde paru en avril 2024 à l’occasion de la sortie du film N’avoue jamais d’Ivan Calbérac, la journaliste Vanessa Schneider “revient sur l’origine de son éternelle joie de vivre.” Sabine Azéma se confie : “Je ne serais pas arrivée là si je n’avais pas autant aimé le jeu. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours joué. Enfant, j’inventais des histoires, j’en écrivais, je distribuais les rôles à mes camarades d’école ou, à la maison, à mes deux petites sœurs. (…) Le jeu, ce n’est pas forcément être acteur, c’est une façon d’être au monde, de vouloir provoquer de la surprise chez l’autre. Ça peut être, par exemple, se cacher derrière un arbre pour surprendre quelqu’un et le faire tressaillir.”