Anaïs Lelièvre
"Altus/Stratus"
À partir d’expériences de territoires, les œuvres graphiques d’Anaïs Lelièvre restituent des dynamiques transversales, oscillant de la céramique à l’installation, entre concentration minutieuse et déploiement monumental, inscriptions contextuelles et fluctuations nomades. A l’image du lieu exploré, un fragment de matière, minéral ou végétal, poreux ou stratifié, en croissance ou effrité, donne lieu à un dessin de petit format. Par multiplication numérique et agrandissements successifs, ce dessin-matrice est lui-même mis en croissance jusqu’à sa décomposition pour générer d’autres dessins à l’échelle d’un environnement immersif.
La démarche excède souvent la production d’une seule installation et trouve sa suite dans plusieurs espaces, où le même dessin évolue, se stratifie des résidences récemment vécues, et se reconfigure selon le nouveau site.
Au Domaine, Anaïs Lelièvre agence un paysage composite, faisant coexister, comme dans un espace mémoriel ou psychique, des séries d’œuvres issues de plusieurs lieux rencontrés, comme autant de concrétions ou éclats ; entre les fragments, se trame une ligne-flux, vibratile, qui déplace de l’ancrage local à une continuité d’expériences, traversées autant que traversantes.
Plus qu’une traversée d’espaces, l’exposition ouvre une traversée des temps qui fait osciller l’appréhension du monde entre des échelles microscopiques et macroscopiques, locales et globales, entre dureté et fragilité, faille et fluidité, stabilité et mutation, érosion et construction, informe et composition, organique et minéral, abstrait et incarné, activant une forme de vitalité dans cette vibration du regard et de la pensée.
REPÈRES BIOGRAPHIQUES
FRANCE

Anaïs Lelièvre (née en 1982) est diplômée avec félicitations d’un DNSEP à l’École d’Art de Rouen et d’un doctorat à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Depuis une résidence en Islande fin 2015, sa pratique se développe par ancrages au fil des lieux traversés, avec une attention particulière aux roches et aux sols. Aussi, en poursuivant strates, porosités, éclats, croissances végétales ou organiques, sa création s’est-elle densifiée.
Amorcé dès 2016, son travail de céramique fut mis en lumière à partir de 2022. En 2024, deux résidences à l’Observatoire de Lyon et au Musée de céramique à Lezoux l’ont engagée à des collaborations avec géologues, astrophysiciens, paléontologues et archéologues. Une collaboration avec un géophysicien se poursuit sur la “zone critique” dans le cadre du projet IBEES de l’alliance Sorbonne Université.
Anaïs Lelièvre est représentée par la Galerie Capazza, à Nançay.