04. Paysage-montage
Comment un film se réalise-t-il ? Comment créer des effets spéciaux ? Comment la magie du cinéma, par le biais de la géographie créative ou du paysage artificiel, permet-elle de créer une véritable scène ? Toutes ces questions, le cinéaste et théoricien du cinéma russe Lev Koulechov se les est posées en son temps (1899-1970). Il fut notamment le professeur de Sergueï Eisenstein, réalisateur du célèbre film muet Le cuirassé Potemkine. L’effet Koulechov ou “effet K” souligne ainsi l’importance du montage, ce choix de rapprocher certaines prises de vues ou certains plans plutôt que d’autres. Le jeu même de l’acteur s’en trouve impacté.
Le jardin miniature prolonge cette vision, la géographie créative permettant de faire paysage, à partir d’un montage et d’effets mécaniques. Ce sont des bouts de scènes qui s’emboîtent, qui s’assemblent. C’est un jardin créé de toutes pièces, par les mains de l’homme qui le façonne. Le décor se monte, se compose et le jardin apparaît. Il est le résultat d’une forme d’artisanat cinématographique. Il invite à retrouver à la fois la simplicité et la complexité du travail à la main, sans effets spéciaux.
L’installation vise à évoquer le drame spatial de la production cinématographique et propose une expérience immersive. En s’interrogeant sur sa propre échelle et ses perspectives, il est possible de s’imaginer à la fois comme spectateur et créateur au sein d’une scène vivante. Des coulisses jusqu’à l’image lissée, le jardin accueille chaque personne comme une actrice.
Alors qu’il est si facile de se perdre entre film et réalité, le jardin incite à prendre du recul, à se rappeler à quel point la limite est fine. Derrière tout décor, il y a une mise en scène ; derrière tout paysage, un second paysage se cache, que l’on oublie souvent. En entrant par les coulisses, il n’est plus possible d’en négliger le travail et la richesse.
CONCEPTEURS

Brendan Lawlor cumule plus de 14 ans d’expérience dans le secteur, avec une expertise en conception ainsi qu’en coordination et mise en œuvre numériques. Ayant effectué l’essentiel de sa carrière au sein d’une agence d’architecture, il possède une compréhension transversale des disciplines et des phases de projet, ce qui lui permet d’anticiper avec précision la réalisation sur site. Passionné par le design sous toutes ses formes, il accueille chaque défi avec enthousiasme. Quelle que soit l’échelle, la complexité ou le budget, il défend une approche attentive, examinée sous tous les angles. Il invite clients et équipes à sortir des schémas habituels, tout en restant à l’écoute des partenaires du secteur pour apprendre et progresser. Présent à chaque étape, du croquis initial aux instructions de chantier, il veille à ce que la vision d’origine soit respectée et que les enseignements tirés nourrissent les projets futurs. Son goût du design s’exprime particulièrement dans le détail. Dès la conception, il réfléchit à la manière dont une idée pourra être réalisée, et l’on peut souvent le trouver à l’atelier, à résoudre des points techniques et affiner des solutions. Ce qu’il préfère: accompagner un projet jusqu’à sa construction, participer à l’équipe de mise en œuvre et intervenir concrètement sur le terrain.
Greg Stewart est architecte paysagiste senior, avec plus de 25 ans d’expérience en urbanisme, planification directrice et architecture du paysage. Depuis plus de deux ans chez Groundcubed, il dirige des équipes pluridisciplinaires pour livrer des projets d’envergure, primés et reconnus, en plaçant l’exigence de conception au cœur de la démarche. À l’aise à toutes les échelles, de la vision stratégique aux grands plans, jusqu’au dessin détaillé et au suivi de chantier, il s’engage pour l’excellence à chaque phase. Il accompagne et fait grandir ses équipes, en cultivant un environnement de travail collaboratif qui élève la qualité globale du design. il sait aussi gérer les attentes des parties prenantes et des communautés, en intégrant de façon pertinente les retours tout au long du processus. Son travail traduit sa capacité à écouter, apprendre et répondre aux envies comme aux préoccupations des clients et partenaires. Sa passion se manifeste notamment dans sa pratique du croquis : il esquisse et illustre rapidement des concepts qui donnent forme aux idées.
Jamie Johnson a débuté sa formation au design par un diplôme de premier cycle en design industriel, avant de travailler comme designer graphique et designer industriel au sein d’une agence d’architecture du paysage. Immédiatement captivé par cette discipline, il reprend ses études en 2008 pour obtenir un master à l’Université de la Colombie-Britannique. Son intérêt se situe au croisement de l’ingénierie et de l’art, avec l’objectif de créer des espaces innovants et fonctionnels. Chef de projet expérimenté, il s’épanouit au sein d’équipes pluridisciplinaires, notamment sur des opérations complexes. Il a piloté des projets variés : programmes commerciaux, habitat collectif, aménagements urbains et parcs. Sa force particulière réside dans la présentation graphique, notamment via la visualisation 3D. Il assure également la gestion de projet, la coordination des consultants et le dessin détaillé. Enfin, il supervise la coordination et la production des documents graphiques, afin de garantir une organisation claire et une exécution rigoureuse à toutes les étapes.
Louise Richard est diplômée de l’École nationale supérieure de paysage de Versailles-Marseille en 2023, où elle a obtenu le diplôme d’État de paysagiste concepteur. Au cours de sa formation, elle a développé un intérêt marqué pour l’aménagement de sites naturels, la valorisation territoriale, les plans directeurs et les enjeux de durabilité, qu’elle intègre de manière constante et cohérente dans ses projets. Forte d’une première formation en urbanisme, elle souhaite évoluer dans un champ où se rencontrent planification urbaine et milieux naturels. Son expérience des jardins patrimoniaux l’amène à porter une attention particulière au détail et à la qualité du dessin, au service d’un projet exigeant. Curieuse et en apprentissage permanent, elle se distingue par une approche à la fois authentique et créative, recherchant un équilibre entre nature et art. À l’aise à l’écrit comme à l’oral, elle sait traduire l’identité d’un lieu par une expression graphique solide et des partis pris attentifs.
Tom Brown s’appuie sur un parcours pluridisciplinaire : artiste intervenant dans l’espace public, miniaturiste, jardinier en culture biologique, entrepreneur sur les réseaux sociaux et, plus largement, créatif. Son expérience lui a permis de mesurer concrètement l’impact transformateur du design, notamment lorsqu’il place au centre la créativité, le bien-être et l’équité. Nourrie par sa pratique artistique, son approche du projet s’appuie sur une compréhension fine de la manière dont l’aménagement façonne l’expérience quotidienne, et sur la responsabilité de créer des lieux adaptés à leurs usagers, à la flore comme à la faune. Il a travaillé sur des projets très divers : pavillons, centres culturels, grands programmes culturels, remédiation écologique, aménagements de voirie, ensembles résidentiels et parcours de golf. En parallèle de son activité, il aime passer du temps dans son jardin, pratiquer le disc golf et profiter de sa famille. Il conçoit des espaces capables de transmettre la créativité, l’inspiration et la joie qu’il ressent lorsqu’il se relie à un lieu. Ancré dans une pratique de studio ouverte et exploratoire, il cherche à anticiper les enjeux et à résoudre les difficultés en amont. Il maîtrise la modélisation 3D, la communication graphique et rédactionnelle, et se distingue par un sens aigu du détail. Son regard singulier, forgé par des années de dialogue avec le public à travers l’art, l’aide à trouver des solutions inattendues et à conduire les projets avec empathie. Cette perspective favorise des résultats où la créativité est prioritaire et où l’expérience des personnes est pensée de manière attentive et inclusive.