03. Avatar
Ce jardin est un manifeste pour une planète vivante, où culture et nature se mixent pour offrir un paysage inspiré par la jungle et sa fraîcheur protectrice.
Le parcours autour du bassin naturel et de l’ombrière végétalisée offrent une série de stimulations multisensorielles qui font de ce jardin une expérience à vivre. Au centre, un bassin turquoise comme un lagon poissonneux bénéficie d’une phytoépuration naturelle. Les plantes biofaitrices filtrent naturellement et génèrent une eau limpide et vivante oxygénée par les cascades. Au-dessus du bassin, une canopée en bambou tressé de 6,5 m de diamètre rappelle les rochers suspendus de Pandora, la planète du film Avatar. Les prairies fleuries et plantes grimpantes qui la recouvrent colonisent progressivement la structure, créant une ombre bienfaisante au-dessus de la nature luxuriante. Cette installation apporte une solution naturelle de rafraîchissement, générant un véritable îlot de fraîcheur où végétation et eau conjuguent leurs effets pour tempérer, purifier et régénérer l’atmosphère.
Les Tillandsia, plantes épiphytes surnommés “Filles de l’air” sont suspendus ou posés sur les branches. Ils nous plongent dans le mystère des plantes sans racines, évoquant des graines, des insectes ou des oiseaux. La banquette ronde garnie de copeaux de peuplier invite à s’allonger sous un arbre “magique”, nous replongeant dans l’univers du film et son iconique Arbre des Âmes.
Loin d’une simple évocation cinématographique, le jardin Avatar est une expérimentation artistique et écologique qui propose des solutions réelles d’adaptation aux évolutions climatiques. Par la combinaison du végétal, de l’eau et de l’ingénierie naturelle, il démontre la capacité du jardin à devenir un outil de résilience et de bien‑être, plaçant l’art au service de la qualité de vie et du futur du vivant.
CONCEPTEURS

Précurseur du design avec le végétal depuis plus de vingt ans, Alexis Tricoire place le vivant au cœur du quotidien et crée des installations immersives qui invitent à mieux comprendre les phénomènes naturels et l’urgence de préserver l’environnement. Chaque projet associe innovation, esthétique et attention au vivant. Formé à l’ENSAAMA (arts appliqués et métiers d’art), puis à l’ENSAD (design, concepteur mobilier), il se spécialise en architecture d’intérieur à l’Art Institute of Chicago, à la fin des années 1990. En 2006, sa collaboration avec le botaniste Patrick Blanc pour l’exposition « Folies végétales » (espace EDF Electra, Paris) marque un tournant : ils y développent des dispositifs innovants mettant en scène des végétaux vivants en contexte muséal. Le studio Tricoire Design se consacre alors à des objets, scénographies et espaces qui rapprochent les citadins de la nature : lustre Babylone édité par Greenworks, mobilier urbain avec Atech et TF Urban, microarchitectures comme la hutte Nouveau Monde au Grand Palais (Solutions COP21). Ses réalisations s’exportent en Europe et à l’international (Shanghai, Bali, Doha, notamment pour Hermès) et séduisent des acteurs tels que Westfield Unibail-Rodamco, SFL, BNP REIM et les Galeries Lafayette, qui lui confient sculptures monumentales pérennes et mobilier original dans des espaces commerciaux et d’affaires, dont « La Forêt suspendue » à la gare TGV d’Angers-Saint-Laud. Son travail est présenté dans de nombreux lieux culturels et institutionnels (jardins du château de Versailles, Grandes Serres du Jardin des Plantes, Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire, ministère de l’Écologie, Grand Palais…). Il présente actuellement une installation immersive à la Cité des sciences et de l’industrie (La Villette, Paris), dans l’exposition Jardiner, sur le thème des limites planétaires (jusqu’au 12 juillet 2026).
Romain Le Bescond est artiste jardinier zen et aquascaper, paysagiste de l’eau. Il officie avec son équipe depuis quinze ans à la création de décors oniriques, inspirés de ses racines et de son parcours singulier. En 2003, il est repéré en tant qu’autodidacte et fait la rencontre du paysagiste plasticien Erik Borja. Il est ainsi invité à participer à ses travaux au sein du Jardin-Atelier Zen de Baumont-Monteux pendant deux années. En parallèle, il accède à un enseignement traditionnel japonais auprès d’un autre maître, Guy Maillot. Il parfait son art de la sculpture végétale, ainsi que sa compréhension des principes symbiotiques du vivant au travers du minimalisme. Diplômé d’études supérieures du végétal en 2005, il commence son expérience professionnelle en tant que professeur au ministère de l’Agriculture : il enseigne pendant cinq années l’agronomie et la science des sols à divers niveaux d’apprentissage. Fort de ses convictions et de sa vocation à sensibiliser le plus grand nombre aux équilibres subtils du naturel, il pose les premières bases de son Jardin Atelier au cœur des collines de Normandie, qu’il nommera Rarzen. Il propose ainsi des expérimentations par l’acclimatation de végétaux nouveaux, au travers de solutions paysagères vertueuses. La question de l’eau, élément fondamental à la vie, s’impose comme l’axe principal. Il compose ainsi son équipe d’artisans et d’assistants techniques afin de mener les premières recherches sur la purification de l’eau, de manière efficiente et équilibrée, dans un décor minéral et végétal. À présent, ses œuvres aquatiques s’installent sur un plan national, des bords de la Méditerranée aux côtes atlantiques : elles sont à la fois évocatrices, contemplatives et ludiques. Elles répondent au besoin de bien-être et de biodiversité au sein des habitats de demain. Elles sont le fruit d’une connaissance particulière du vivant et de ses biotopes, ainsi que d’une dimension artistique inspirée des paysages de sa Bretagne natale.
