04bis. Drôle de fantascope
Vous entendez ? Cette musique qui vient jusqu’à nous ? Vous les voyez ? Ces danseurs en folie, aux perruques colorées et aux postures assurées ? Leurs silhouettes se répondent, comme pour nous donner le tempo. Elles enchaînent les poses, les petits pas et n’attendent plus que des partenaires... Comme Charity Hope, l’héroïne de la comédie musicale Sweet Charity (adaptée au cinéma en 1969), entrez dans la danse “The Rich man’s Frug” chorégraphiée par le danseur américain Bob Fosse.
Il s’agit de suivre l’évolution de Charity à travers ses sentiments amoureux. Cette jeune femme aux expériences chaotiques s’attache à toujours voir le bon côté des choses, car elle est bien déterminée à trouver l’homme de sa vie. Le jardin parle à la fois d’émancipation et de sensibilité. Le décor adopte le regard du personnage principal, qui voit la vie en rose. Les fleurs choisies en déclinent la couleur à l’envi et traduisent les “je t’aime”, les “je te promets” et “mon cœur t’appartient”.
Comme la danse, le cinéma est un art du mouvement et du rythme. Les images se succèdent et nous racontent une histoire. Comme dans une chorégraphie, se trouvent des images clés et des moments marquants. Mais si nous appuyons sur pause, juste un instant, nous pouvons réussir à observer tous les intervalles qui se succèdent, comme un millefeuille, image par image.
L’expérience est illustrée par le fantascope, situé au centre du parcours. Cet outil au mécanisme peu connu, inventé au XIXe siècle par Joseph Plateau, permet la succession d’images et donne l’illusion d’un mouvement. Un clin d’œil au monde du cinéma et à l’art de l’animation. Les premiers films ne duraient pas plus de 30 secondes...
“Le moment de chanter, c’est quand l’émotion est trop forte pour se contenter de parler, et le moment de danser, c’est quand les émotions sont trop intenses pour se limiter à chanter ce que l’on ressent.” Bob Fosse
CONCEPTrice

“J’ai grandi en Bretagne, entre les côtes de granit rose et les territoires agricoles. J’ai toujours aimé regarder les paysages alentour et dessiner la micro végétation qui borde les sentiers. Diplômée en arts appliqués, je voulais exercer un métier qui me permette d’exprimer ma créativité. Mon coup de cœur pour le design d’espace et le végétal m’a menée vers un BTS en aménagements paysagers, puis vers une licence en urbanisme. Par la suite, j’ai participé à divers projets de réaménagement de cours d’écoles et à des projets de fleurissement urbain, en équipe avec des architectes et des professionnels de l’environnement. Des expériences très enrichissantes, autant sur le plan humain que professionnel. Cela m’a aussi permis de me questionner sur notre approche de l’environnement et sur les défis que cela représente. Aujourd’hui, j’exerce principalement ce métier pour des particuliers. Mon objectif est de les aider à se réapproprier leur jardin, tout en essayant de leur transmettre le goût du végétal. Depuis toute petite, je m’exprime aussi à travers la danse. Élève dans un conservatoire, créer des chorégraphies, parfois accompagnées par des musiciens, me permet de m’évader. C’est un vrai travail de scénographie, pendant lequel on cherche à retranscrire un univers, un rythme, et à capter l’émotion du public. Participer au Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire est donc pour moi un joli challenge, car il me permet de concilier le monde de la chorégraphie avec celui du végétal, tous les deux en mouvement.”
